Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

06/06/2016

Affichage ?

Peut être que vous y comprendrez quelques chose, j'avoue que pour ma part j'oscille entre la stupeur, le doute et la consternation. Pas terrible comme choix, je vous le fais pas dire. Mais c'est tout de même ce que suscite la circulaire de la DGEFP annonçant que les titres du Ministère du Travail sont désormais ouverts à l'apprentissage. Il est vrai qu'une circulaire du 15 mai 2007 avait déjà prévu un dispositif "expérimental" que l'on généraliserait à présent donc.   Qu'est-ce qui cloche la dedans ? le décalage avec les dispositions légales. Le Code du travail prévoit, de longue date, que l'apprentissage doit permettre de préparer un diplôme ou un titre professionnel. Le code de l'Education fait la distinction entre les titres professionnels, tous ceux qui sont inscrits sur demande au RNCP, et les titres professionnels délivrés au nom de l'Etat, qui y sont inscrit de droit. Mais tous sont des titres professionnels. Donc tous sont légalement accessibles par la voie de l'apprentissage.

IMG_5771.jpg

Je me souviens avoir rédigé, en 2007, une note pour une fédération professionnelle expliquant pourquoi les CQP enregistrés en tant que titres au RNCP étaient préalables par la voie de l'apprentissage. Sur ce point, les règles n'ont pas changé. 

Dernier motif d'interrogation, en la matière ce n'est pas l'Etat qui décide mais les Conseils régionaux, maîtres de la carte d'apprentissage. Résumons : on annonce comme une nouveauté ce qui est possible depuis des années, et on met en avant une décision de l'Etat qui relève en fait des Conseils régionaux. Affichage ou c'est moi ? 

Circulaire Apprentissage Titres professionnels.pdf

 

03/06/2016

Des textes au double visage

Pas de procès d'intention, c'est un principe et en droit la bonne foi est présumée. Mais force est de constater que les décrets censés mettre en musique les lois novatrices peinent parfois à prolonger l'innovation et s'enlisent dans un conservatisme consternant. Dernière illustration : le projet de décret qui vient préciser les informations sociales à communiquer au comité d'entreprise, suite aux trois réformes de 2013 (loi de sécurisation de l'emploi), 2014 (formation) et 2015 (dialogue social). La réforme n'était pourtant pas mineure : suppression des consultations spécifiques sur la formation, articulation de la formation à la stratégie et à la politique RH, mise en place de la base de données économique et sociale, passage d'une information quantitative à une information qualitative, recentrage sur la politique et les objectifs et moins de place donnée aux moyens. Une révolution. Sauf que...

IMG_3373.jpg

Sauf que le projet de décret préparé par le Ministère du Travail reprend quasi mot à mot les dispositions antérieures, sauf que l'occasion d'enfin réformer le bilan social (qui est totalement obsolète sur la partie formation articulée à la règlementation de....1972 !) n'est pas saisie et sauf que toutes les nouveautés en matière d'investissements, d'élargissement du champ de la formation au développement de compétences et du glissement de la formation vers la compétence ne sont en rien prises en compte. Alors conservatisme ? négligence ? réflexion insuffisante dans l'urgence ? incompétence ? je laisse à d'autres le pourquoi et me contente du triste constat de textes incohérents (le projet de décret est en décalage profond avec les dispositions légales) et le travail qui en résulte pour les responsables formation : expliquer aux représentants du personnel qu'il vaut mieux s'inscrire dans les dispositions légales, se détacher de la lettre des textes règlementaires et centrer son action sur les objectifs et les résultats. Pour peu que l'on ait des interlocuteurs qui peinent à quitter le monde ancien de peur de perdre leurs repères, on mesure le service rendu par ces textes indigents. 

ProjetDecretIRP.pdf

tableau_comparatif_relatif_au_projet_de_-399450.pdf

02/06/2016

La pression monte

C'est une entreprise américaine, mais pas sur que cela explique tout. Pour le salarié, c'était en tout cas une surprise. Dans le cadre d'un licenciement pour insuffisance professionnelle, ou défaut de résultats ou résultats insuffisants, le salarié se voit reprocher de ne pas s'être suffisamment occupé de ses compétences. L'entreprise mettant en ligne des ressources formatives multiples et demandant aux salariés de s'inscrire régulièrement dans des programmes de développement, elle constate que le salarié n'a pas fait la démarche. Pas d'auto-diagnostic sur les compétences à développer, pas d'inscription aux cursus proposés. Le manager ? son rôle n'est pas de prescrire mais de vérifier si les salariés se forment régulièrement, de les inciter à le faire si tel n'est pas le cas. Après quelques rappels, et tenant compte de résultats non probants (qui demeurent malgré tout le motif principal de la rupture), l'entreprise décide de prononcer le licenciement, la passivité du salarié quant à son développement professionnel venant à l'appui du manque de performance. 

3998_photo_oeuvre-art-o-pression.jpg

Gérard BOGO - "O" PRESSION

Pour ceux qui s'en tiennent aux slogans publicitaires qui accompagnent la réforme (on est passé d'une obligation de payer à une obligation de former) ou à une lecture formelle du droit (l'employeur doit s'occuper du développement de compétences à travers les entretiens professionnels), cette affaire rappellera les fondamentaux : le contrat de travail est fait d'engagements, et donc de responsabilités, réciproques. A l'entreprise de fournir les moyens, au salarié de s'en saisir. Seul le salarié pouvant décider de se former effectivement, l'entreprise n'est tenue qu'à une obligation de moyens. Si ces moyens sont mis en oeuvre, la responsabilité change d'épaules et passe sur celles du salarié. Dans un pays où la culture de la décision descendante et de la hiérarchie pyramidale est fortement ancrée, cela laisse augurer d'autres surprises. 

31/05/2016

Enquête sur une disparition

C'était le monde d'avant. Celui de l'herbe qui poussait au milieu des routes, des bikinis, des juke-box et des manges-disques, des mini-jupes et des blousons noirs, c'était le monde d'avant la compression du temps, une époque un peu distendue, entre deux, une époque balnéaire où l'on ne mourait pas de la canicule parce que l'éventail des possibles nous donnait de l'air, le monde où l'on se battait pour des idées sans qu'il nous vienne à l'idée que l'on pourrait continuer à se battre le jour où il n'y en aurait plus, le monde d'avant l'avenir, d'avant le futur, un monde d'anticipation qui prenait le temps de vivre le présent car ce monde là n'était pas en reste de contradictions, mais il est vrai qu'il croyait en la dialectique. Dans ce monde là, il y avait des responsables formation. Non ? hé bien si ! incroyable non, car ils auront bientôt tous disparu. 

IMG_8481.jpg

Martial Raysse

Vous en connaissez encore ? alors il faut les prévenir. Ce qui sera fait le 8 juin prochain au cours d'un petit-déjeuner organisé par DEMOS qui se tiendra à la maison du Limousin à Paris sur le thème : Les responsables formation vont disparaître, et c'est une bonne nouvelle. Si vous voulez vous inscrire c'est trop tard, c'est complet. Pour ceux qui voudraient tout de même insister, c'est ICI (aïe, Jennifer m'avait dit de ne plus donner le lien). Pour les absents, ne vous inquiétez pas, on vous racontera. 

30/05/2016

Hybride

Question récurrente posée par les participants à la Web Conférence organisée par MyConnecting sur le compte personnel de formation : que répondre aux représentants du personnel, et aux salariés, qui considèrent que le CPF est un droit personnel et que l'entreprise n'a pas à s'y intéresser, voire ne peut faire de propositions ? la réponse tient en un mot, même si ce n'est pas forcément celui que l'on va utiliser pour communiquer : HYBRIDE. La principale caractéristique du CPF est qu'il peut être mis en oeuvre soit pour des projets strictement personnels, à charge pour le salarié d'effectuer toutes les démarches et de trouver la disponibilité pour se former, soit pour des projets partagés avec l'entreprise, ce qui peut alors justifier que la formation soit suivie pendant le temps de travail, avec un abonnement de l'entreprise ou encore avec des engagements sur la prise en compte des compétences. Le CPF est un Janus aux deux visages. 

venus1-620x330.jpg

Et contrairement à ce qu'affirme le CNEFOP dans son rapport et que certains reprennent complaisamment, peu importe la nature de la formation et notamment qu'elle corresponde à une obligation règlementaire ou non. Dès lors que la certification est éligible et que le salarié dispose des heures nécessaires, le financement par l'OPCA est automatique, du moins tant qu'il a des disponibilités financières. Si l'entreprise ne peut jamais imposer l'usage du CPF, il revient au salarié d'apprécier à quelles conditions il donne suite ou non à la proposition de l'employeur. Pas de difficulté particulière pour les entreprises donc qui souhaitent être productives. Citons le cas de cette entreprise de 13 000 salariés dans laquelle un accord a été conclu qui prévoit un abondement systématique de 50 % par l'entreprise lorsque le projet du salarié s'inscrit dans la politique de l'entreprise et aboutit à une certification figurant dans ses priorités (outre le fait que la formation aura lieu pendant le temps de travail). Faire reconnaître le caractère hybride du CPF, c'est donc contribuer, un peu, à le débrider. 

25/05/2016

Un léger déni de réalité

Les chiffres du CPF pour le mois de mai viennent d'être communiqués. Et l'on apprend que 10 000 salariés ont terminé leur parcours depuis janvier 2015. En 16 mois, on aura donc 10 000 formations réalisées contre 700 000 par an avec le DIF. Si comme le dit la communication officielle, le CPF a trouvé sa vitesse de croisière, on mesure le recul. Mais il y a mieux : les parlementaires sont convaincus que les listes du CPF sont contreproductives, mais la loi Travail n'y touche pas au prétexte que cela relève des partenaires sociaux (même si c'est dans la loi, allez comprendre). Quand à ces derniers, les syndicats expliquent toujours qu'ils ne veulent pas des certifications non diplomates et le MEDEF que le système des listes est bon mais qu'il y a trop de certifications du fait des organismes de formation (on rêve). 

Politique de l'autruche.png

Il suffit de regarder les résultats : dans les 10 premières certifications demandées par les salariés, il y a 9 certifications de l'inventaire +la VAE qui ne relève pas des listes. Autrement dit, les listes de centaines de diplômes soigneusement sélectionnés ne servent strictement à rien : trop longs, inaccessibles, non modulaires, pas ouverts en entrée permanente, pas demandés....Mais on peut continuer l'aveuglement et ce dire que cela ira mieux dans cinq ou dix ans. Alors de deux choses l'une : soit il s'agit d'un déni de réalité de la part de ceux qui pensent qu'il faut sans doute dissoudre le peuple s'il n'est pas de leur avis, soit il y a une volonté délibérée de faire que cela ne marche pas, pour des raisons qui m'échappent. Finalement, il fait école le Président qui déclare que ça va mieux. 

Capture d’écran 2016-05-24 à 23.04.45.png

23/05/2016

Il est inscrit !

....au CP pour la rentrée prochaine. Si vous avez passé l'âge du CP, vous pouvez tout de même vous inscrire à la WebConférence organisée par MYCONNECTING jeudi 26 mai à 15h, consacrée à la communication sur le CPF et aux situations qui peuvent permettre d'en faire une opportunité. C'est gratuit, il suffit de suivre le LIEN.

Quant à ceux qui s'offusqueraient de l'utilisation d'un petit bonhomme à des fins publicitaires, je les renvoie aux dispositions des articles R. 7124-27 et suivants du Code du travail. A jeudi !

IMG_4362.jpg

09/05/2016

Prêts pour l'entrepôt ?

C'est la poétique dénomination du futur outil de gestion de la qualité des organismes de formation. Vous n'y croyez pas ? il suffit d'aller jeter un coup d'oeil à l'appel d'offres du FPSPP pour la mise en place du susdit. Pour se sortir du piège de la pitrerie règlementaire instaurée par la loi du 5 mars 2014 sous l'appellation "Qualité", les vieilles méthodes sont de sortie : les OPCA n'ont ni le temps ni les moyens d'apprécier les garanties de qualité offertes par plusieurs dizaine de milliers de prestataires de formation ? retournons le problème et faisons travailler ceux-là même qui prétendent faire métier de la formation. Ils seront désormais tenue de garnir 'l'entrepôt de données" dans lequel ils devront montrer patte blanche et cocher consciencieusement toutes les cases garantissant qu'ils garantissent la qualité de leurs prestations ou plutôt qu'ils disposent d'outils aussi indispensables à la qualité que des livrets d'accueil ou des évaluations de la satisfaction puisque la qualité se résume à des critères préétablis et standardisés. 

IMG_1036.jpg

Cumul de qualités : entrepôt et usine à gaz

Dans ses déclarations de début d'année, Manuel Valls s'était engagé à ce que l'on ne demande pas plusieurs fois à une entreprise des informations dont l'administration dispose déjà. Après leurs comptes rendus au fisc, leur bilan pédagogique remis au ministère du travail, les organismes de formation devront également nourrir le big data de l'entrepôt. Car le fantasme du pilotage de la formation professionnelle par le Big Data est manifestement assez largement partagé par ceux qui pensent qu'entre le SI du CPF et l'entrepôt on va pouvoir utilement piloter la formation en France. D'autres,  auront juste l'impression d'une légère fumisterie. 

Pour aller y voir par soi-même, c'est par ICI.

03/05/2016

Le compte est bon !

Et dire que certains pensent que je suis trop critique avec le CPF et qu'il faudrait être plus P.O.S.I.T.I.F ! Alors que je m'efforce juste d'identifier les blocages (et ceux qui les multiplient) pour oeuvrer à ce que le dispositif fonctionne, c'est à dire permette à chacun d'avoir plus d'autonomie dans le choix d'une formation qui apportera elle-même plus d'autonomie professionnelle. Et que le dispositif ne se transforme pas en outil de contrôle et de prescription, contrairement à ses principes fondateurs. Alors pour ce faire, j'assure même la promotion du dispositif avec l'OPCA DEFI dans un webdocumentaire réalisé par DAJM (Agence de communication RH : Demande à Jean-Michel). Il y aura quatre épisodes, deux sont déjà en ligne, les deux autres arrivent la semaine prochaine et la suivante. Alors allez voir si le compte est bon, comme ne le disait pas Maître Capello qui ne s'occupait que des lettres ! 

Pour le Webdocumentaire, c'est ICI.

648x415_jacques-capelovici-1980-1.jpg

01/05/2016

Ah oui, c'est comme l'autre là...

C'était un de mes premiers travaux sur l'évaluation. Il s'agissait de dispositifs individualisés, en tout cas présentés comme tels. Et je devais évaluer. J'ai commencé par prendre une feuille blanche, un stylo (ça fait un peu daté, mais c'est comme ça) et lister toutes les possibilités d'évaluation. Je suis arrivé à 10 : la satisfaction, la mesure d'écart par rapport au cahier des charges, le benchmark, l'évaluation sommative, l'évaluation acquisitive,  les compétences utilisées, la réunion des conditions de réussite, l'amélioration de la performance, les effets non prévus, les dynamiques générées. Je présente le tout à un collègue qui me dit : "Ah, tu as pris le modèle de Kirkpatrick et tu l'as détaillé...". Le modèle de qui ? Kirkpatrick j'en avais jamais entendu parler, j'avais juste pris ma feuille et essayé de faire un peu de logique. 

IMG_3303.jpg

Alain Garrigue - Babylone Spirit - 1997

De temps à autres, des zigues se plantent devant les tableaux d'Alain Garrigue, regardent mais voient sans doute peu car il a droit à des : "Ah ouais, tu fais des couronnes comme Basquiat, comme des petits chapeaux, et des têtes de mort aussi, ah c'est pas mal, ça rappelle vraiment Basquiat...". C'est fort Basquiat, un génie, pas de problème. Mais Alain quand il peint ses toiles, les génies, les pas génies et tous les autres, c'est pas trop la question. T'es quand même face à la toile, avec la peinture, les éponges, les raclettes, les grattoirs, les pigments, le papier, la térébenthine, et tout ce qui traîne dans les fioles, les pots, les bassines, les boîtes, les tables, les planches, les torchons et tout le bordel qui encombre l'atelier. T'es pas plus avec Basquiat qu'avec Picasso, Klee ou De Kooning. Bien sûr que tu es gorgé de tout lorsque tu peins ou que tu écris ou que tu prends n'importe quelle décision à la gomme, mais sur le moment, ta  seule préoccupation c'est de faire un truc qui se tienne, qui soit cohérent avec ce qui fais que t'es planté là et  tu te fous bien, au moment où tu le fais, de savoir si ça a été fait ou non et si le premier rigolo qui passe va te parler de Basquiat ou d'un autre. Et puis il suffit de bien regarder et ça se voit :  le chapeau c'est celui d'Henry Miller, parce qu'on a toujours fantasmé de lui soulever le galure pour savoir ce qu'il avait dans la tête. Et ça nous fait bien marrer parce qu'avant de savoir ce qu'il y a dans une tête, t'as quand même le temps d'en dessiner, des petits chapeaux !

25/04/2016

Un peu de réflexivité

Quelques questions posées par la Coopérative pédagogique du CNFPT...avec les réponses. N'hésitez pas à poster les vôtres dans la zone de commentaires. 

1. De votre point de vue, quels sont les points clefs d’une formation (professionnelle pour adultes) efficiente ?
Le premier point clé : se mettre au service des participants pour les aider à atteindre leurs objectifs. Le second : considérer que le résultat de la formation est dans ce qu’elle génère à son issue. Le plus important n’est pas ce que je transmets mais ce que je suscite.  Un troisième emprunté à Sartre : penser contre soi-même et laisser une place à la dialectique en suscitant le débat, l’argumentation, l’examen des solutions contraires à celles que l’on propose ou met à disposition.  Enfin,  se demander si former c’est apprendre à dupliquer ou à être autonome.

2. Quel est votre avis sur l’usage des technologies (tablettes, ordinateurs, …) au sein de la formation professionnelle pour adultes ?      
Aucun outil n’est une pédagogie, mais la diversité des outils offre une multiplicité de solutions pédagogiques. Autrement dit, si ce n’est pas parce que c’est techniquement possible que c’est souhaitable, cela ne doit pas empêcher de prendre en compte toutes les possibilités techniques conçues comme des libertés nouvelles.  L’avantage des technologies est de mettre à disposition des ressources qui favorisent les pédagogies actives.  Il faut se féliciter que les participants puissent rechercher en temps réel la validité de ce qu’on leur propose en formation et puissent challenger le formateur en apportant une contradiction argumentée.

pédagogie,formation,cnfpt,adultes,éducation,formateur

Pas de formation sans réflexivité

3. Quelle est l’innovation qui vous trouvez la plus intéressante en formation ?
Par définition, l’innovation est toujours relative : c’est ce que l’on a pas encore pratiqué. Je répondrai donc sur la pratique pédagogique que je trouve la plus intéressante, sans savoir s’il s’agit d’une innovation : le détour pédagogique, qui présente le double avantage de faire travailler sur ses représentations et de permettre une dynamique entre déconstruction-reconstruction qui illustre que pour se sécuriser il faut d’abord se mettre en danger.

4. De votre point de vue, quels seraient les axes à développer dans les pratiques pédagogiques de la formation professionnelle pour adultes ?             
Tout ce qui peut rompre avec le format de la formation initiale : suppression des programmes (contenus préétablis) pour se concentrer sur les objectifs et favoriser la diversité des parcours et réalisation d’évaluations qui portent exclusivement sur la capacité à mobiliser les ressources (compétences) et non sur les connaissances.

5. Quelle est la formation que vous avez le plus apprécié dans votre parcours et pourquoi ?  
En trente ans d’activité comme consultant, je n’ai jamais suivi une formation en dehors de celles que j’ai animées, j’espère cependant avoir développé en permanence mes compétences grâce à mes clients, aux stagiaires, à mes confrères et à un peu de travail personnel.  Et pour se former, deux moteurs : le plaisir et être bousculé.  

18/04/2016

LE RETOUR DE LA FORCE

....GLOUPS ! Gros bug vendredi matin pour le Webinar sur les indicateurs de pilotage, de performance et la communication du service formation. Plantage technique de 45 mn sans possibilité d'envoyer la moindre explication. Pas terrible pour terminer la semaine. Mais ce n'est que partie remise : le Webinar se tiendra le jeudi 21 avril de 16h à 17h à la grande satisfaction de tous ceux qui n'ont pas pu s'inscrire pour vendredi...et de ceux qui étaient inscrits et ne sont pas découragés pour autant. Et pour éviter tout désagrément, on a convoqué la Force : après le côté obscur de vendredi, la lumière nous attend ! 

IMG_2802.jpg

14/04/2016

Il est encore temps...

...de vous inscrire au Webinar organisé par DEMOS vendredi matin de 11h à 12h pour traiter du reporting, de l'information sociale et de la communication en matière de formation. Initialement, il s'agissait de présenter le décret sur la nouvelle configuration de la base de données économique et sociale. Comme il n'est pas paru à ce jour, le Webinar fera un point sur les informations qui sont toujours obligatoires et celles qui ne le sont plus (arrêtez de catégoriser le plan de formation par exemple, ce n'est plus obligatoire et cela n'a pas d'intérêt). Et en prime, un tableau de bord pour apprécier la performance du service formation et les impacts de la formation. Evidemment, tout cela est gratuit. Vous êtes déjà 500 inscrits, comme c'est en ligne, il y a toujours de la place !

Pour s'inscrire, il suffit de suivre le lien : http://actu.demos.info/1603EWEBINAR/

Capture d’écran 2016-04-13 à 10.39.06.png

28/03/2016

C'était le dictionnaire

...et voilà, terminé le Dictionnaire de la Formation, que vous pourrez retrouver en version complète ci-dessous. Pour une bonne visualisation, la double page est conseillée. Retour donc à l'actualité, même si elle donnerait plutôt l'envie d'aller faire un tour à la campagne. 

IMG_2985-2.jpg

"C'est qui le mec qui nous photographie ? 

- ...sais pas, jamais vu...

- il se croit au Salon de l'Agriculture ? 

- il a pas du en voir souvent des vaches...

- faut dire que des comme nous, y en a pas des masses....

- c'est pas faux...

- peut être qu'il va nous mettre en photo dans un livre....

- dans celui de cette année, on y était pas...

- tu crois qu'il va en refaire un l'an prochain...

- je l'ai entendu en parler, 30 ans de formation, Histoire(s) Personnelle(s) il paraît que ça va s'appeler...

- quel rapport avec nous ?

- plus que 9 mois, et tu le sauras...."

 

50 Nuances de Formation.pdf

12/03/2016

CPF LEAKS

Avec 300 000 bénéficiaires, le CPF serait en phase de développement témoignant qu'il fallait seulement un peu de temps pour qu'un dispositif totalement nouveau trouve son public. Fin de l'histoire officielle. Si l'on s'approche un peu, que voit-on ? que 240 000 demandeurs d'emploi ont utilisé le CPF. On aimerait connaître la part d'initiative individuelle dans ce chiffre et la part d'administration de l'accès à la formation par POLE EMPLOI. Deuxième zoom, nous sommes donc à 60 000 salariés bénéficiaires (nous parlons ici de dossiers validés, par de formations suivies) en 14 mois, alors que le DIF c'était au minimum 600 000 par an. Soit 10 fois moins. 

cpf,formation,réforme,droit,éducation,leaks

Pour le palmarès des OPCA, il n'y a plus photo. La machine métallurgique s'est mise en marche et va bientôt tourner à plein régime : à lui seul l'OPCAIM réalise quasiment 25 % des CPF. Pour le reste, on notera que l'implication des OPCA dans le CPF est moins proportionnel à leur taille qu'à leur stratégie en ce domaine ou à leur niveau de performance. 

cpf,formation,réforme,droit,éducation,leaks

Les domaines de formation confirment les tendances déjà constatées : 50 % des formations sont des formations en langues, puis viennent les CACES, le socle de compétences, la VAE et la bureautique qui pointe son nez maintenant que le TOSA a été inscrit sur la Liste nationale interprofessionnelle (LNI).

cpf,formation,réforme,droit,éducation,leaks

Pour finir, un peu de délire bureaucratique : 195 listes, chaque salarié en ayant 3 à sa disposition, et près de 50 000 certifications sur les listes, puisque les doublons (ou triplons) sont tout à fait possibles. On rappellera qu'il existe environ 10 000 certifications (8 000 titres RNCP - 1000 CQP - 1000 certifications dans l'inventaire). Quelle créativité le CPF que d'avoir multiplié par 5 les certifications. Presque la fable des poissons et des petits pains. Et félicitations aux 60 000 salariés (un peu moins multipliés pour ce qui les concerne). 

cpf,formation,réforme,droit,éducation,leaks

08/03/2016

T comme....TRAVAIL

Quand travaillons nous ?

Bien sur la question pourrait paraître provocante, tel n'est pas son objet, pour qui s'échine pendant plusieurs heures devant un laminoir, un écran, un volant, une machine-outil, une caisse, des clients qui s’adressent à vous par gestes et parlent à leur portable ou encore des tapis roulants chargés des reliquats de la société de consommation.

Et pourtant ! Qui peut dire qu'il ne s'évade pas de la contrainte physique par la divagation de l'esprit et qui peut dire que le bruit, les odeurs, la tension physique et mentale cessent dès la sortie de l'atelier ou du bureau. Si l'on approche le regard, la frontière entre le travail et le non-travail nous fuit comme la ligne d'horizon.

TRAVAIL.jpg

L'idée du Dictionnaire de la formation en train de se former

Quand Heidegger travaillait-t-il ? Une des plus importantes oeuvre philosophique a été conçue en marchant dans les montagnes, en regardant "le moment où naissent les nuages". Nietzsche et Rousseau connaissaient aussi les vertus de la marche en montagne pour le travail. Je me souviens de Jean-Claude Quentin, Secrétaire Confédéral FO, qui préparait ses négociations en allant à la pêche au coup.

On peut également se rappeler que Newton découvrit la loi de la gravité en observant la chute des pommes et qu’Einstein aboutit à celle de la relativité en prenant un bain.

Il serait peut être temps d’avoir une autre approche du travail, et du temps, et au passage du salariat, que celle de l’industrie du 19è siècle.

04/03/2016

Qualité de la formation : le pire n'est jamais sur...

...mais il faut quand même faire gaffe ! et à propos de gaffe, le référentiel qualité proposé par le Bureau Veritas pourrait bien en être une belle. On conçoit que le marché naissant de la certification des organismes de formation soit une tentation. On rappelle aussi régulièrement sur ce blog que vite et bien c'est deux fois bien. Mais on peut aussi faire vite....et passer à côté. C'est ce qui semble être advenu à ce référentiel dont les bases conceptuelles ne sont riches qu'en confusions, qui contient des erreurs manifestes et qui sanctuarise un modèle dont tous les organismes un peu dynamiques se sont déjà affranchis ou sont en passe de l'être. Comme quoi on peut être un excellent certificateur et se prendre les pieds dans le tapis. 

IMG_1741.jpg

Référentiel possible pour la qualité de vie : sea, sex and sun

Dans une chronique réalisé pour l'AEF, j'ai donc listé les limites et insuffisances de ce référentiel, que l'on trouvera ci-dessous. Et l'on se demande ici sur quelles bases, quels critères, et dans quelles conditions de transparence le CNEFOP, qui doit établir la liste des certifications qui vaudront respect des conditions de Qualité fixées par le décret du 30 juin 2015, prendra ses décisions. Mais bon, le pire n'est jamais sur...même s'il faut vraiment faire gaffe.

REFERENTIEL QUALITE - SI ON EVALUAIT LES REFERENTIELS.pdf

referentiel_certification_de_services_organismes_de_forma...

01/03/2016

S comme....SAVOIR

Le savoir sans le savoir, c’est ce qu’on appelle l’instinct (Louis Hamelin – La Rage)

On ne redira jamais assez la faiblesse, ou plutôt n’ayons pas peur des mots, l’ineptie, de la fameuse trilogie : savoir, savoir-faire savoir-être.  Pourquoi ? Pas simplement pour le jargon mais plus fondamentalement pour un défaut originel rédhibitoire : la compétence c’est de l’action, de l’activité et cela suppose donc toujours du faire.

Oublions le jargon : on parlera plutôt de connaissances, de capacités et de comportements.  Les connaissances renvoient aux ressources (qu’elles proviennent de l’expérience ou de la formation), les capacités à ce que l’on est capable de réaliser et les comportements à la manière dont on le réalise. 

SAVOIR.jpg

Evacuons ainsi l’être qui ne relève pas du champ de la formation professionnelle mais, au moins depuis Parménide, d’une philosophie de l’existence qui peine toujours à en tracer les contours.

Et concluons sur un petit exercice : essayez le baiser de cinéma avec le savoir-être. Il risque de manquer de saveur, sauf pour les adeptes du tantrisme. Mieux vaut savoir y faire.

29/02/2016

R comme....RYTHMES

Au commencement était le rythme,

et le rythme s’est fait chair (Moravagine – Blaise Cendrars)

 

Les deux bâtiments se côtoient dans le parc des musées d'Amsterdam.  Dans le premier, le Rijksmuseum, se trouve La laitière, que l'on peut contempler  en doutant qu'il s'agisse d'une peinture, sans savoir de quoi il pourrait bien s'agir d'autre. Les couleurs, la patine, le dessin, la précision du trait, tout semble impossible à la réalisation. Et l'impossible peut être observé à loisir et à plaisir.

Vermeer a peint une petite quarantaine de tableaux en vingt ans. 

Dans le second, le musée Van Gogh,  est présenté le plus grand rassemblement existant des oeuvres du peintre. Pourtant, il ne s'agit que d'une petite partie des 840 tableaux, mille dessins et aquaralles sans compter les centaines de lettres envoyées à ses proches, pleines de subtilité, de goût et de vie. Van Gogh n'était pas pressé, ni fou : il était rapide. Bien trop rapide pour son époque.

RYTHMES.JPG

Valse à trois...temps, cultures, saisons

Imaginons que l'on ait demandé à Vermeer de peindre au rythme de Van Gogh, ou à ce dernier d'adopter le tempo de Vermeer.  La folie et l'impuissance auraient  à coup sur frappé les deux, pourtant reconnus comme des travailleurs acharnés. Chacun à leur rythme.

Ni la lenteur ni la rapidité ne sont souhaitables pour elles-mêmes. Il suffit de savoir laquelle convient.

Les marcheurs savent qu'en montagne le faux-pas, c'est-à-dire celui qui n'est pas le sien, ne pardonne pas et réduit singulièrement la performance. En ce sens, Vermeer et Van Gogh nous posent deux questions : comment les organisations prennent-elles en compte le rythme propre à leurs collaborateurs, sachant que sur un rythme qui n'est pas le sien il est peu probable que l'on soit performant. La seconde question est plus directe : et vous, quel est votre rythme ?

28/02/2016

R comme...REPRESENTATIONS

Je ne peins pas une femme, je peins un tableau (Matisse)

L’expérience est simple, elle consiste à se placer à distance de l’auditoire, à montrer un œuf et à demander aux spectateurs ce qu’ils voient. Un œuf entend-t-on rapidement. Ce qui ne correspond pas à ce que l’on voit mais à ce que l’on connaît. Si l’on s’en tient à ce que l’on voit, il faut décrire un objet ovoïde, de couleur chair, de faible poids et d’apparence solide. Comme dirait Wittgenstein : « « Quand je vois un objet, je ne peux pas me le représenter. Quand nous nous représentons quelque chose, nous n’observons pas ». De l’autre côté de la planète, un chinois, Tchouang-Tseu, disait à peu près la même chose : « Quand on perçoit, on ne parle pas, quand on parle on ne perçoit pas ».

REPRESENTATIONS.jpg

Que voyez-vous ? 

C’est la raison pour laquelle il faut absolument éviter les audioguides dans les musées, car alors on n’observe plus, on ne perçoit plus, on ne voit ce qui nous est raconté et l’on devient incapable de toute observation.

Vous souhaitez regarder vraiment ? Oubliez tout, plus de connaissance, plus de préjugés, plus de projection : retrouvez ce moment où « l’œil existe à l’état sauvage » comme l’affirmait André Breton. Il faut juste ne pas avoir peur.