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14/01/2017

MAINTENANT, LA COMPETENCE EST SINGULIÈRE

Tout le monde peut disposer des mêmes ressources, personne n’est compétent de la même manière. La compétence c’est la singularité exprimée en acte. Car il n’est de compétence qu’en action. Remballez votre savoir-être de pacotille, sans passage à l’acte il n’y a pas de compétence et l’agir n’est pas un savoir-être mais un savoir-faire. Savoir y faire dans les relations, dans les comportements, dans les attitudes, dans l’appréhension de situations émotionnellement difficiles, c’est du faire et non de l’être. Il serait d’ailleurs plaisant que nos tenants du savoir-être aient une discussion avec Parménide sur le sujet (« l’être est, le non-être n’est pas », bon courage !). Loin d’être la négociation de la culture, la docile servante de la conformité, la compétence est la manière unique dont chacun associe toutes les ressources dont il dispose pour faire. Et c’est pourquoi la photo réalisée par cette petite fille, sera unique, comme celle du passant qui a immortalisé la scène. Comme ce petit livre et ses contradictions, comme les lectures, forcément uniques et singulières, que voudront bien en faire ses lecteurs.

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13/01/2017

AVANT, LA FORMATION C’ÉTAIT DE LA CULTURE

La formation, c’est la maïeutique socratique. C’est du savoir au service de la réflexion. De la pensée en marche, comme la pratiquaient Rousseau, Heidegger, Nietzsche et quelques autres. C’est mettre ses pas dans les pas des anciens, tirer profit de leur enseignement et tenter de décrypter le monde nouveau sans se couper de tout ce qui a contribué à le façonner. La formation c’est l’émancipation de l’individu, le coup fatal porté à la nature dans le débat entre nature et culture. C’est prométhéen. Aristophane considérait d’ailleurs qu’éduquer c’était allumer un feu et non remplir un vase. Ce feu dont Bachelard fit une poétique de la connaissance. Nous étions alors bien loin des savoirs normés, des apprentissages sans réflexion et strictement reproductifs que l’on mesure à coup de quizz dans lesquels le raisonnement n’a plus sa place. A l’émancipation a succédé la normalisation, à la culture l’utilitarisme, à la connaissance la compétence de conformité.

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12/01/2017

MAINTENANT, ON NE CONFOND PLUS SE FORMER ET ALLER EN FORMATION

On connaît la phrase de Bertrand Schwartz : « On ne forme pas les individus. Eux seuls se forment, s’ils y trouvent intérêt ». Obnubilés par l’action de formation, nous mesurons sans cesse l’accès en formation et nous intéressons peu aux situations de formation. On tient pour vérité l’équation : a été en formation = a été formé. Schwartz en rigole encore. La formation n’est pas une action transitive.

On se forme en faisant ce que l’on a jamais fait, on se forme en portant un regard ouvert, et non un regard d’habitude, sur notre quotidien, on se forme en restant disponible à ce que l’on ne connaît pas, on se forme par le questionnement et la curiosité, on se forme en pensant contre soi-même et en dépassant ses contradictions…et de dix mille autres manières. Cela peut survenir en formation, évidemment, mais aussi partout ailleurs. Pour peu qu’on le veuille bien.

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11/01/2017

AVANT, LA FORMATION CE N’ETAIT PAS OPEN BAR

Je me souviens de ce séminaire sur la compétence collective avec Guy Le Boterf. Après deux jours de travail acharnés, car avec Guy on travaille, la promiscuité et la bonne humeur avaient conduit les participants à considérer que toute activité collective était porteuse de compétences. Les exemples les plus saugrenus alimentaient l’hilarité. Je laisse à votre sagacité le soin d’en dresser la liste. Mais il en va de la formation comme de la prose : à être trop présente elle se dissout et disparaît sans coup férir. C’est en 2016 que l’on vit les premières conférences sur la disparition des responsables formation. La formation formelle étant vouée à s’effacer au profit de multiples modalités de formation informelle, la fonction chargée de la formation n’y résistera pas. Mutation ou disparition, tel sera donc le choix. Combien de temps faudra-t-il pour que l’on regrette les temps de formation permettant une véritable rupture avec le travail, un détachement du contexte, un temps réservé et préservé, une parenthèse dédiée à l’apprentissage. Le temps de s’apercevoir que se former à l’animation de réunion sur son smartphone le matin à 8h sur la ligne 14, avec la leçon 2 le soir à 19h au même endroit, ce n’est pas exactement la même chose que de prendre le temps d’apprendre, d’échanger et de simuler, lors de sessions de formation, sacrifiées sur l’autel du manque de temps et de la modernité.

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10/01/2017

MAINTENANT, ON AVANCE DANS LA JUNGLE DU SAVOIR

Terminé le temps des verticalités disciplinaires. Des thèses de spécialité par lesquelles on sait presque tout sur presque rien. Dans la jungle chacun jour plus dense du savoir constitué, de l’information jaillissant en flots toujours plus puissants de sources multiples et parfois improbables, impossible de se repérer par la stricte approche disciplinaire. Les rhizomes de Deleuze forment un enchevêtrement dans lequel il n’est plus possible d’ouvrir des boulevards Hausmanniens à grands coups de pelleteuses. Plus le savoir est riche, et il l’est davantage chaque jour, plus j’ai besoin des autres, du réseau, de la multitude pour l’appréhender. Plus on est nombreux à s’en saisir, et plus j’ai besoin d’associer, de tester, de rapprocher, d’expérimenter, des connaissances diverses et non reliées entre elles, pour ouvrir des voies nouvelles. Les chapelles disciplinaires deviennent des impasses étroites, des voies de garage pour mandarins confits. Pour affronter la complexité, le pagne et le couteau de Tarzan ne suffisent plus. Autrement dit, la bonne volonté et le courage n’y peuvent pas grand chose. J’ai besoin de me relier pour avancer. En rugby, on appelle ça un groupé pénétrant et c’est diablement efficace.

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09/01/2017

AVANT, ON NE PARLAIT PAS POUR NE RIEN DIRE

Il fût un temps, je vous l’assure, où il y avait une hiérarchie : le formateur était un expert, les bons élèves lui donnaient la réplique et les moins bons profitaient de la dynamique. Il fallait travailler pour accéder à la parole. Les états d’âmes n’étaient pas invités au débat. Le savoir primait, l’individu s’effaçait derrière la matière et se mettait à son service. Les connaissances devaient être solides pour autoriser la formulation d’un avis. Les évaluations n’étaient pas complaisantes, l’effort était récompensé et la nonchalance sanctionnée. C’était avant que chacun réclame le droit de s’exprimer, même quand il n’a rien dire, que l’horizontalité ne soit promue valeur suprême, que l’élève ne remplace le maître au centre du système et que le contenant devienne plus important que le contenu. Là où le savoir a besoin de temps et de silence pour se constituer, on a introduit le débat permanent, ou plus exactement le foutoir organisé, le relativisme sans fin, la contestation de la hiérarchie et au final la perte de repères qui rend les apprentissages plus difficiles. A vouloir égaliser les chances, on les a surtout nivelées.  On a oublié que Don Juan, quand il défie le commandeur,  finit en enfer (NDLA : tout plagiat de Finkielkrault et quelques autres serait purement fortuit).

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08/01/2017

MAINTENANT, J’AI MON BUREAU PARTOUT DANS LE MONDE

Je suis passé par le Québec, j’y ai appris à personnaliser les approches pédagogiques. En descendant par la Californie, j’ai découvert les derniers outils technologiques pour améliorer les processus d’acquisition. J’ai été au Mexique participer au programme d’insertion des gamins de la rue par l’approche compétences. Cela m’a rappelé Evelyne Sullerot et Retravailler. Et partout, tout le temps, à l’aide des bibliothèques en ligne, des échanges permanents et des équipes qui travaillent en Inde et à Maurice, j’ai diffusé sur internet des produits récurrents qui cartonnent. Mon travail c’est de la créativité, de l’expertise et de la production industrielle de qualité. De l’artisanat à grande échelle en quelque sorte. Et j’assure le suivi : du coaching par skype partout dans le monde. Et à propos de grande échelle, mon bureau n’est plus au Mexique, je viens de m’installer en Australie pour quelques mois. Il paraît qu’ici les pédagogies ludiques et pragmatiques marchent super bien. C’est un mec croisé dans un restaurant de fruits de mer qui m’a raconté ça. Il travaille depuis la plage de Manly et distribue ses produits de formation partout dans le monde. J’ai hâte de voir comment ça fonctionne, vous ne tarderez pas à voir le résultat.

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06/01/2017

AVANT, LA FORMATION ÇA RAPPORTAIT

En ce temps là, lorsqu’il y avait 8 stagiaires dans la salle, c’était un petit groupe. Le plus souvent, on était 12 ou 15, et parfois jusqu’à 20. Quand on organisait pas des Conférences d’actualité avec 100 participants ou plus. Tout était à deux chiffres : les marges et la croissance. La formation ne connaissait pas la crise, les catalogues enflaient exponentiellement, les commerciaux faisaient de la gestion de flux, comme les OPCA et les Responsables Formation. La dynamique semblait ne jamais devoir s’arrêter. Et en plus, on faisait plaisir et on se faisait plaisir. Mais qui a eu l’idée de mettre le réveil ?

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05/01/2017

MAINTENANT, IL Y A MOINS DE SAUCE ET PLUS DE LAPIN

Ah, le temps des showmens ! Le temps des formateurs qui entrent dans la salle de formation comme l’acteur sur la scène. Ces formateurs qui ont travaillé leurs effets, affiné le discours et placé les bons mots aux instants judicieux. Ces formateurs qui lors du tour de table oublient les contextes, les métiers, les objectifs, le professionnel et se concentrent sur les personnalités : lesquels vont être bon public, où sont les positifs, qui est le grincheux de service, puis-je dénicher l’expert qui va se mettre en compétition, le pinailleur qui va m’emmerder et qu’il faudra calmer d’entrée, les effacés que j’irai chercher si besoin ? Concentrée dans l’unité de temps, de lieu et d’action, la formation était une performance dans laquelle il s’agissait de tenir (entendez : assurer la durée prévue, exemple : tu vas tenir trois jours sur ce thème ?) et de faire plaisir (entendez : s’assurer de la satisfaction des participants à avoir passé un bon moment avant de retrouver leur quotidien, exemple : ils étaient contents tes stagiaires ?). Aujourd’hui, le multimodal permet de sortir de la performance scénique pour s’intéresser aux apprentissages. Terminé le formateur central dont l’ego se nourrit du regard des autres, bienvenu le formateur périphérique au service des acquisitions et non plus de lui-même. Ne pas faire de la satisfaction le résultat, mais avoir des résultats et en être satisfait.

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04/01/2017

AVANT, POUR ETRE FORMATEUR IL FALLAIT DU TALENT

C’était l’époque où il ne suffisait pas de venir avec un Powerpoint et de le commenter laborieusement, comme ces profs sans talent qui lisent leur cour aux étudiants. Il fallait faire le show, susciter l’envie d’en savoir plus, emporter les stagiaires, les émerveiller, leur ouvrir largement les portes de la connaissance. Transformer le tableau noir en piste aux étoiles.

Lorsque le talent s’amenuise, les salles de formation se vident, comme les églises dans lesquelles les fidèles se lassent de sermons sans relief, inlassablement répétés.

Ce n’est pas la technologie qui videra les salles de formation, mais le manque de talent.

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03/01/2017

AUJOURD’HUI IL Y A LE SOURIRE DE YOTSUNE

Alice, l’avatar qui suit ma progression sur le e-learning, m’a conseillé quelques groupes d’échanges sur mes thématiques de travail. J’ai pu récupérer des informations sur les pratiques aux Etats-Unis, au Chili, en Corée et dans quelques autres pays. Et puis Yotsune m’a fourni énormément de documents sur le Japon. Pas toujours facile de rentrer dans les autres cultures. Comme disait Proust, toute lecture est potentiellement un contresens, mais dans les beaux livres, tous les contresens sont beaux. Et lorsque les yeux de Yotsune vous regardent, sur l’écran, tous les échanges sont riches. Je crois que je vais suivre les conseils d’Alice : toute réflexion commence par un travail de terrain, c’est à partir des pratiques que l’on réfléchit. Si je veux rester dans une démarche scientifique, il va falloir que j’aille au Japon. Lorsque je le lui ai annoncé, j’ai eu le plaisir du beau sourire de Yotsune.

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02/01/2017

AVANT IL Y AVAIT LA MINI-JUPE D’ARLETTE

Faut-il voir une relation entre le  laborieux 8  en maths  au baccalauréat et le gros barbu un peu crado qui nous les enseignait, et le  16 en économie et la splendide eurasienne qui nous initiait aux politiques économiques internationales ?  Est-ce un hasard si j’ai été volontaire pour suivre des cours de dactylo au collège, ce dont je me félicite tous les jours, parce qu’ils étaient assurés par Arlette qui s’habillait comme Barbarella, c’est à dire très court ? Qui peut se souvenir d’un enseignant qui a marqué sa scolarité sans que n’entre dans la relation une part de séduction ?

J’y repense avec un peu de nostalgie lorsque Alice, l’avatar qui me sert de guide dans mon programme d’e-learning, me prodigue ses conseils, avec un rien de la voix rauque de Monica Vitti. On est tout de même loin des jupes d’Arlette.

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01/01/2017

DUELLE

Alors, c'était mieux avant ? ou bien c'est quand même mieux aujourd'hui ? si les questions absurdes fondent souvent les réponses ineptes, on peut profiter du début d'année pour s'autoriser tous les challenges. Ouvrons donc le petit livre de l'avant/après de la formation. Il s'appelle DUELLE et comporte douze chapitres. Pour le premier, il faudra attendre la rentrée, c'est à dire demain.  

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31/12/2016

QUEL QUE SOIT LE VENT...

Comme les marins du Vendée Globe en font la splendide démonstration, quel que soit le vent on avance, même quand il est contraire. Et à propos de contraire : 

"Sans contraires, il n'y a pas de progression" 

William Blake

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Le Cabinet Willems Consultant

vous souhaite pour 2017

d'avoir le plaisir de prendre de vitesse les contradictions !

Que l'année nouvelle s'accorde à vos désirs

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11/11/2016

La loi travail, au-delà des slogans

Plus on travaille sur la loi, et plus on vérifie la formule de Gérard Lyon-Caen selon lequel le droit est une technique réversible. Car si l'on veut bien sortir des slogans et considérer les dispositions adoptées le 8 août dernier, on s'aperçoit qu'il est souvent délicat de dire a priori si la règle de droit s'avèrera à l'usage plus favorable aux employeurs ou aux salariés, si tant est que cette grille de lecture ne soit pas totalement périmée. En effet, dès lors que l'objectif est de développer la négociation collective, c'est le résultat de la négociation qui décidera véritablement de la portée du texte. Le pire serait d'ailleurs que négociation il n'y ait pas, ce qui constituerait le véritable échec de la loi Travail. Si l'on recense tous ceux qui peuvent avoir un intérêt objectif à cet échec, depuis les organisations syndicales opposées au texte jusqu'aux organisations patronales qui peuvent penser que dans ce cas on fera une place plus grande à la décision unilatérale de l'employeur, le pari n'est manifestement pas gagné. 

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Un moment de réflexion sur la loi Travail

Ce sont ces questions, et quelques autres, que l'on a abordé mercredi dernier avec plus de 200 délégués syndicaux de la CFTC, organisation qui a contribué à faire que la loi finale ne ressemble en rien au projet présenté au mois de février dernier. Pour avoir une idée des débats, vous pouvez vous reporter à l'excellent compte rendu réalisé par le journaliste d'actuel CE, avec en prime l'interview de votre serviteur. Pour visualiser le tout, c'est ICI.

06/11/2016

Un équilibre encore friable

Le Jaune Budgétaire, qui contient les statistiques relatives à la formation et paraît chaque année à l'occasion du projet de loi de finances, a le petit inconvénient de fournir des chiffres qui datent souvent de 2 ans. Mais surprise cette année, il comporte également la collecte réalisée en février 2016 par les OPCA sur la base de l'année 2015. Soit la première collecte postérieure à la réforme de la formation professionnelle et la première qui permettait aux OPCA de collecter 4 types de ressources : les ressources légales (1 %) gérées, les ressources légales collectées pour autrui (1 % reversé au FPSPP ou aux FONGECIF), les ressources conventionnelles et les versements volontaires. Résultat des courses ? une collecte globale à 6,7 milliards légèrement en hausse par rapport aux collectes des années précédentes (6,5 milliards). Ce qui pourrait constituer une première surprise : le passage de 1,6 % à 1 % n'a pas pour effet une réduction des fonds versés aux OPCA. 

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Deuxième constat : les entreprises ont effectué pour plus d'un milliard d'euros de versements volontaires aux OPCA. Pour ceux qui prétendent que les OPCA ne servent à rien (y compris quelques candidats à la présidentielle), voici un premier démenti. On a rarement vu des entreprises verser volontairement un milliard d'euros sans raison. Troisième constat : la dynamique de la négociation collective ne vient que faiblement au soutien de la formation. Avec 500 millions d'euros versés en application d'accords de branche, les fonds conventionnels ne représentent que moins de 10 % des fonds collectés par les OPCA. Or, il s'agit des seuls fonds sur lesquels la branche a toute liberté pour décider de l'affectation. On pourrait donc en conclure que les partenaires sociaux n'ont pas su trouver, par la négociation collective, des usages suffisamment pertinents et innovants (sauf exception évidemment) pour inciter à la conclusion de tels accords. Avoir le double de versements volontaires, qui restent acquis à l'entreprise, que de versements conventionnels, démontre la limite de la valeur ajoutée de la mutualisation. 

Dernier constat : on connaît la formule, les moyennes sont des insultes à la singularité. A considérer les chiffres de collecte, on s'aperçoit que deux modèles économiques, et sociaux, apparaissent désormais. Les OPCA centrés sur le seul 1 % et leur mission légale, et les OPCA engagés dans une politique très volontariste de services aux branches et aux entreprises. Il ne faudra pas attendre trop longtemps (le mois de février prochain), pour savoir si ce modèle peut perdurer ou s'il a bénéficié de l'effet d'habitude et d'inertie lié au système précédent. 

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06/10/2016

La formation au forfait !

On a eu les forfaits remontées mécaniques, les forfaits téléphoniques, les forfaits jours et sans doute quelques autres. Voici désormais les forfaits formation. La loi Travail a en effet levé le dernier verrou règlementaire à la possibilité pour les OPCA de financer de la formation forfaitairement. Pour le plan de formation, le congé individuel de formation ou même le compte personnel de formation, aucune disposition légale n'impose que les financements de l'OPCA soit accordés sur la base de l'heure stagiaire. Tel n'était pas le cas pour la professionnalisation, la loi prévoyant qu'il appartenait aux branches de fixer les taux horaires de financement des contrats de professionnalisation. C'est désormais terminé, les accords de branche peuvent librement définir les modalités de financement de ces contrats, y compris dans le cadre de forfaits. 

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Le ménage règlementaire ayant été effectué, le terrain étant déblayé donc, reste à l'occuper. Il n'appartient plus désormais qu'aux Conseils d'administration des OPCA, et aux branches professionnelles pour la professionnalisation, de faire preuve d'innovation, de pragmatisme, de créativité et de mieux appréhender la dimension économique de la formation, pour mettre en place des modalités de financement qui ne se résument pas à des taux horaires dont on sait depuis longtemps qu'ils sont déconnectés de toute réalité économique, d'une part, et générateurs d'une bureaucratisation infernale autour des heures de présence; Les évolutions constatées en matière de financement des formations ouvertes et à distance pourraient d'ailleurs utilement être transposées à toutes les formations, le passage de la notion d'action de formation à celle de parcours de formation, qui résulte également de la loi Travail, constituant une autre incitation à aller dans ce sens. A l'heure où les OPCA sont sur la sellette, introduire des pratiques nouvelles et efficientes ne serait sans doute pas un luxe. 

05/10/2016

Venez comme vous êtes !

Mardi prochain, le 11 octobre, de 18h à 21h, votre serviteur et moultes auteurs ayant contribué au Grand Livre de la Formation publié par DUNOD, auront le plaisir de vous accueillir pour deux tables rondes, des échanges moins formels et même boire un coup (voire plus) en grignotant. Cela se passe Porte Dauphine à Paris, dans les très beaux locaux d'Unibail Rodamco. C'est évidemment gratuit, convivial, chaleureux et peu formel. Vous pouvez donc venir comme vous êtes. 

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Il faut toutefois réserver sa place et on peut le faire ICI.

Alors à Mardi !

04/10/2016

Centralisme démocratique

Dans le cadre des travaux de refonte du Code du travail (que l'on avait déjà réécrit entièrement en 2008 mais l'on remet l'ouvrage sur le métier tout en proclamant que la stabilité juridique est gage d'efficacité et de sécurité....), la CGT a rédigé une longue note sur sa position en matière de norme sociale et de la place de cette norme dans les politiques d'emploi et de formation. Saluons l'exercice à la fois de formalisation des positions de l'organisation et de transparence. Et venons en au fond. Fidèle à ses positions traditionnelles, la CGT préfère la loi à la négociation et le niveau national au niveau local, ces deux priorités étant censées mieux garantir les droits des salariés. 

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Photo transmise par un militant CGT, le centralisme n'excluant pas l'humour

On pourra, à la lecture du document, mesurer l'écart entre les positions de la CGT et celles de la CFDT, cristallisé lors des débats sur la loi Travail, qui traduit deux approches. L'une jacobine, étatique et revendiquée comme telle, celle de la CGT, et l'autre plus girondine, plus décentralisée,  qui fait le pari du terrain. Pour la CGT, le rapport de force sur le terrain, ou le rapport de négociation si l'on préfère, est plus favorable aux salariés au niveau national car moins soumis à la pression directe de l'employeur, pour la CFDT, il faut prendre le risque de la négociation décentralisée pour trouver des solutions, de l'innovation, de l'adaptation qui ne peut, par nature, résulter d'un niveau trop général.  Rappelons que la France n'a jamais véritablement été Girondine et qu'elle ne prend pas le chemin de l'être si on en croit les programmes présidentiels qui ont été publiés à ce jour.  

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30/09/2016

La révolution tranquille

C'est comme dans les greniers ou les brocantes, il faut parfois écarter tout le fatras pour arriver à dégotter une pépite. Au départ elle a l'air de rien, de loin elle passe inaperçue, en prenant le temps elle change d'apparence et au final c'est un trésor. Dans le grand bazar de la loi Travail, on peut ainsi retenir les dispositions sur la VAE qui, mine de rien, constituent pas moins qu'une révolution tranquille. La première est qu'il suffit désormais de justifier d'une année d'expérience dans l'activité pour accéder à la VAE. Cette réduction de trois ans à un an change tout. Car un an c'est un horizon gérable. On peut recruter ou proposer une évolution, assortie un an plus tard d'un accompagnement VAE pour valider les compétences acquises. Trois ans, c'est un calendrier trop long pour être véritablement opérationnel. Avec ce délai réduit, la VAE devient un véritable outil de GRH. La deuxième nouveauté, plus importante encore, c'est que toutes les formations, initiales et continues, sont désormais prises en compte pour l'accès à la certification. 

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Alain Garrigue - Sérigraphie

Ainsi, celui qui a raté son examen, pourra après un an d'activité dans un emploi en rapport avec le titre recherché, retenter sa chance en VAE en faisant prendre en compte la formation suivie. Et plus largement, toute formation dont le contenu est en rapport avec un diplôme pourra désormais être prise en compte. Autant dire que potentiellement toutes les formations deviennent diplomantes dès lors qu'elles visent des compétences inscrites dans un référentiel de diplôme. Une nouvelle manière d'affirmer que, dans le droit fil de la loi du 5 mars 2014, l'objectif est plus important que le moyen, ou encore que peu importe le chemin pourvu que l'on parvienne au but. 

Saluons à cette occasion le copain Garrigue qui a obtenu ce mois ci le diplôme des Beaux Arts de Toulouse par la VAE, après un an de travail pour formaliser tous les travaux réalisés....depuis qu'il est né. Et c'est là que tu vois la différence entre la VAE et la formation initiale. Lorsque j'ai obtenu mon diplôme, je ne savais strictement rien faire ou presque, mais il m'a permis de me légitimer pour apprendre mon métier. Avec la VAE, tu t'es tout pelé tout seul, et il faut en plus que tu t'en justifies ! ça mérite de boire un coup à sa santé !