Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

25/07/2017

Il y a temps à apprendre

Ils sont nombreux à considérer que la formation sur le temps de travail est un acquis social qu'il convient de préserver. Qu'il faudrait inclure dans le droit à la déconnexion celui de ne pas se former en dehors du temps de travail. Bien souvent, les mêmes opposent les formations qui ne relèveraient que de l'intérêt de l'entreprise et celles qui ressortent de l'intérêt du salarié. C'est oublier un peu rapidement que, dans tous les cas, la compétence n'appartient qu'au salarié de même que la volonté de s'en servir. Et de manière plus fondamentale, pour ceux qui confondent subordination et soumission, que la compétence est sans doute le poids qui équilibre le mieux la balance de la relation entre l'employeur et le salarié. Ce qui revient à dire qu'en limitant les possibilités de formation au temps de travail, on aboutit au résultat exactement inverse à celui annoncé haut et fort. 

IMG_2795.jpg

Apprentissage balnéaire de l'expression corporelle

De la même manière que la définition légale de la formation professionnelle a fait des ravages dans les pratiques de formation, cadenassées dans un format scolaire archaïque, la religion de la formation sur le temps de travail remet la décision de formation dans les mains de l'entreprise et conforte chacun dans l'idée que la formation devrait être octroyée, alors que tout apprentissage est une conquête. Si la formation est la voie vers l'autonomie, la maîtrise du temps est celle de l'émancipation et pas uniquement pendant le travail. 

Commentaires

La formation doit être réalisée en grande partie sur le temps libre des salariés (ce même temps libéré justement par les 35 heures)
C'est une évidence et le contresens d'une formation sur le seul temps de travail nous coûte de plus en plus cher en matière de compétences.

La formation (et la compétence) appartient d'abord au travailleur (c'est sa formation)
C'est donc à lui de l'entretenir, de la développer et aussi de participer à son financement.
Toutefois croire qu'il suffirait d'octroyer la libre utilisation du compteur CPF aux travailleurs ne permettrait en rien de mieux former les travailleurs. La formation est un dialogue et un effort partagé entre l'employeur et son salarié (un co-investissement)

En gros c'était la démarche du DIF et celui-ci a été malheureusement abandonné sur l'autel des relations sociales et politiques du pouvoir précédent.

Avec la réforme qui se pointe à l'horizon le CIF va être torpillé, le Plan de formation sera encore réduit et seuls les travailleurs les plus avertis et qualifiés sauront comment et pourquoi utiliser leur CPF.

Écrit par : cozin | 25/07/2017

Répondre à ce commentaire

Ici, on touche au fond du problème...

La meilleure des législations demeurera vaine si les mentalités ne changent pas. Faire comprendre que "la formation (et la compétence) appartient d'abord au travailleur" et qu'elle constitue pour lui un enrichissement sera très difficile. On en est très loin...Et lui faire constamment la morale est contre-productif.

Il ne faut jamais oublier que la relation entreprise/salarié est conflictuelle par nature. Et les exigences d'"adaptabilité", de "flexibilité" et de "mobilité" sont autant de contraintes qui ne servent que l'entreprise.

Et il en est de même pour la formation, excroissance du travail qui grignote les congés (ou les soirées) censés être consacrés au repos, à sa famille ou à loisirs...Formation qui est vécue comme une corvée (les années d'école ont été un cauchemar pour beaucoup) qui ne profite qu'à l'entreprise ou plus exactement à ses actionnaires qui s'empiffrent sur son dos.

Et si en plus, il n'y a aucune garantie de promotion.

Non, la formation hors temps de travail ne fonctionnera jamais, du moins à court ou moyen terme.

Écrit par : bcallens | 26/07/2017

Répondre à ce commentaire

Il y a selon moi une solution simple et évidente pour encourager et promouvoir la formation hors temps de travail : le financement en partie par le salarié de sa formation (co-financement).
Le CPF s'y est risqué (les abondements du salarié) mais la manière de s'y prendre n'était pas la bonne.
Ce n'est pas au salarié d'abonder mais au salarié de co-financer, avec sa cotisation prélevée sur son salaire (ça tombe bien certaines cotisations salariales vont baisser).

On aura beau retourner le dossier formation dans tous les sens : sans formation sur le temps libre (et celui-ci est considérable) et sans participation financière du salarié il n'y aura jamais généralisation de la formation en France

Écrit par : cozin | 26/07/2017

Répondre à ce commentaire

Selon Idriss Aberkane : La connaissance (k) c'est de l'attention et du temps. Le temps pourrait désormais être pris sur le temps libre (presque infini). Quant à l'attention elle dépend de la motivation et peut être aussi du prix payé (on est plus attentif au cinéma quand on paie sa place que devant la TV).

Écrit par : cozin | 26/07/2017

Répondre à ce commentaire

Que de brefs raccourcis! Tout d'abord de quelles formation parlons nous? De la formation au logiciel de l'entreprise, ce que le code du travail appelle de l'adaptation au poste du travail; cela doit-il être aussi fait hors temps de travail? Et là aussi vous nous assurez que cela ne sert qu'aux compétences du salarié? La code prévoit déjà de faire de la formation hors temps de travail quand cela apporte aux deux parties ou avec le CPF ou Formation HTT financée via le CIF. Et qui fait 35h aujourd'hui ? Avec les heures sup, les forfaits jours, les heures non comptabilisées ou plus communément appelées heures au black, que beaucoup font, et bientôt maintenant les accords sur le temps de travail, les astreintes... et la formation est une conquête? Non Mr , de grands hommes se sont battus pour que ce soit un libre accès à tous et c'est plus qu'un devoir d'employeur mais un devoir public. Savez-vous que la culture et l'éducation permettent aux hommes de s'élever. Vous n'avez pas dû rencontrer beaucoup de salariés étrangers sur des postes de ménages par exemple ne sachant ni lire ni écrire dans la langue du pays d'accueil . Et vous allez leur dire : "mangez donc de la brioche?" Et sur votre hors temps de travail ; qu'en est-il des mères célibataires au foyer, on peut même dire mère tout court devant récupérer leurs enfants à 17h? Ah oui, elles n'ont qu'à se payer une nounou??? Bref, on parle toujours du cadre au 35h gagnant 5000 euros par mois ayant eu la chance d'être bien né et souhaitant apprendre le russe: alors là, oui Mr, ce dernier peut le faire HTT. Votre article est encore digne d' un BO BO intellectuel loin de la la réalité. Je vous rejoins juste sur un point, il faudra dans tout les cas un minimum de volonté pour se former mais je pense au contraire qu'on doit accompagner au mieux pédagogiquement et dans la réalisation les personnes. Et arrêter des usines à gaz comme le CPF. Enfin, quand cela concerne l'entreprise, l'investissement procuré sur la formation ( si elle est utile pour ces besoins) est vite rentabilisé. Alors, le temps de travail soit disant perdu est vite récupéré et très bénéficiaire. Enfin, les commentaires de prélever des charges salariales pour financer le CPF? On aura tout lu? Tout le monde va encore payer pour un accès à une minorité. Le CPF est à jeter. Seul le CIF aurait du être garder en tant que dispositif de salarié ( et le plan de formation pour l'employeur sur temps de travail avec une partie hors temps de travail avec l'ancien système obligeant une dépense car auj certains ne forment plus) en améliorant le système en y injectant le 0,2 du CPF et en accompagnant le dossier vers un projet solide. En outre il faut savoir que la plupart du temps il y a un reste à charge pour le salarié. Mais bon, on pourrait arrêter de mettre les enfants qui ne veulent pas y aller à l'école et les faire travailler.

Écrit par : Caldi | 28/07/2017

Répondre à ce commentaire

Votre texte roboratif rassemble tellement de clichés qu'il n'entretient qu'un lointain rapport avec la réalité dont il se réclame. Et utiliser le terme intellectuel de manière péjorative est du même tonneau que de parler de métiers manuels. Le formateur n'ayant pas le souci de convaincre mais de faire réfléchir, je vous laisse à vos certitudes et m'en tiens à une question : pourquoi l'éducation populaire (qui s'est construite "hors temps de travail") a-t-elle quasiment disparu au début du XXIème siècle ?

jpw

Écrit par : jpw | 28/07/2017

Répondre à ce commentaire

Vous parlez de clichés quand je vous parle de maman au foyer ou de personnes illettrées? C'est parce que je travaille dans l'éducation populaire depuis 12 ans que je connais ce public. Et Je vous assure qu'ils ne sont pas des clichés. L'éducation populaire est né pour vaincre l'obscurantisme religieux et permettre de libérer les idées sociales. Son objectif était clairement politique et a amené la création de l'écolier laique gratuite.. Seul le mouvement ouvrier s'est démarqué se méfiant de l'école dite "bourgeoise" et souhaitait mettre en place un accès à culture et à l'enseignement afin de combattre le prolétariat. Ces enseignements étaient gratuits ou presque et combattaient des conditions de travail catastrophiques. Alors si vous proposez aujourd'hui que les associations d'éducation populaires redeviennent des lieux d'accès gratuit à l'enseignement de la politique, de l'économie et de l'histoire, nous sommes d'accord. Mais je suis quand même heureuse que aujourd'hui les ouvriers n'aient plus besoin au moins sur ce sujet de se battre pour accéder à de la Formation. Et cela n'élude pas le problème du public qui n'aura pas le temps et les moyens de se former hors temps de travail. Ah oui ce sont des clichés, pardon. Non seulement je travaille dans l'éducation pop dans le domaine de la Formation mais j'ai passé un master HTT. Je connais ce sujet qui justement est loin d'être résolu en simplifiant le sujet mais proposer des voies d'accés supplémentaires permettant de révéler de l'appétence pour de la Formation, là je dis un Grand OUI.

Écrit par : Villetelle | 28/07/2017

Répondre à ce commentaire

Vous prenez le sujet un peu par le petit bout de la lorgnette. La formation, c'est vaste, et la question se pose nécessairement différemment en fonction des niveaux de formation initiale du public concerné, des contraintes personnelles des personnes, de la nature de la formation elle-même (on n'apprend pas de la même façon des langues étrangères et de l'histoire ou de l'économie), du niveau de celle-ci ou encore de sa durée (très important)...

Il y a sûrement des solutions...Au besoin, en s’inspirant des pays voisins.

Il demeure que, pour se former hors temps de travail et en tenant compte des difficultés que vous évoquez et qui sont réelles, il faut être motivé et en avoir envie. Il y a un problème lié aux mentalités, manifestement.

Je pense personnellement que les formations hors temps de travail ne sont concevables pour la plupart des gens que pour les formations courtes (de l'ordre de 20 à 40 heures- c'était l'idée du DIF) voire ultra-courtes (une journée)

Pour les plus motivés, il faut surtout essayer de concevoir des formations adaptées (en termes d'horaires notamment) sur le modèle de la capacité en droit.

Au passage, je pense que la dénomination "éducation populaire" devrait être bannie tant elle est datée. On n'éduque pas les adultes et l'adjectif populaire est péjoratif dans l'esprit de beaucoup trop de personnes. Dans un pays voisin, on utilise l'expression "promotion sociale". C'est beaucoup plus "sexy".

Écrit par : bcallens | 28/07/2017

Écrire un commentaire