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13/07/2017

Jouez avec nous au Datadock !

C'était un test pour voir...et on a vu. Un OPCA qui ne croit pas immodérément au Datadock, mais qui reste politiquement correct et en fait officiellement la promotion, a organisé un test à l'aveugle auprès des évaluateurs (ou référenceurs) du Datadock. Plusieurs dossiers leurs ont été soumis à titre d'entraînement, en réalité les mêmes, avec relevé des copies en fin d'exercice. Bingo ! avec les mêmes déclarations, pièces et argumentaires, les organismes ont été soit référencés, soit non référençables et rarement sur les mêmes critères. Bien sûr, toute évaluation humaine comporte sa part d'arbitraire. Ce ne sont pas les candidats au bac, ni  les entreprises contrôlés par l'URSSAF ou par le fisc qui diront le contraire (ni les OPCA contrôlés par la DGEFP...). Ce qui laisse pantois, ce sont les remarques dont sont assortis les rejets. Le plus souvent elles se limitent à deux : description imprécise ou incomplète (sans que l'on vous indique en quoi consisterait la finition ou la complétude) ou non conforme à l'indicateur (sans que ne soit précisé en quoi consiste la non conformité). 

IMG_5137.jpg

"- T'es d'ac pour déposer sous deux noms différents deux dossiers identiques ?

- Tope là !"

La situation n'est toutefois pas étonnante : à évaluer sans disposer d'un référentiel commun (et au surplus sans référentiel partagé avec les impétrants) on s'expose à évaluer suivant des critères non stabilisés et à laisser des espaces béants dans lesquels peut s'engouffrer l'arbitraire. Car lorsque vous décrivez vos indicateurs de performance (augmentation de CA d'une année sur l'autre, taux de transformation des prospections, etc.) et que l'on vous dit que c'est insuffisant, qui est capable de dire où se situe le suffisant sur cet indicateur ? (exemple parmi des dizaines d'autres). Si le Datadock était sans doute la meilleure réponse possible de la part des OPCA à une exigence stupide (faire du référencement a priori et systématique plutôt que de délivrer des labels qualité a posteriori sur la base de bonnes pratiques que l'on souhaite promouvoir, bref refaire du règlementaire au lieu de faire de la qualité), si donc le Datadock a pour vertu d'éviter la démultiplication des dossiers et de limiter la bureaucratie, il faut bien reconnaître qu'il n'offre absolument aucune garantie sur la sécurité juridique des décisions qui pourraient être prises sur cette base, tant la non-transparence et l'arbitraire semblent gouverner le dispositif. Sauf à référencer tout le monde (ce qui n'est pas exclu...), on attend de voir le premier contentieux liés à un refus de référencement ou à un déréférencement. 

Bon ceci dit, il va falloir que je m'y mette aussi au Datadock, à moins que j'attende le retour de vacances...

 

Commentaires

Il y a quand même quelques interrogations à propos de ce "bidule"...

1) Il est impossible de s'inscrire si l'on ne dispose pas encore de déclaration d'activité. Or, celle-ci présuppose la signature d'un contrat ou d'une convention de formation professionnelle.

Or, l'article L6351-1 n'a pas été impacté par la réforme. C'était déjà difficile d'obtenir un première convention pour un débutant précédemment. Cela l'est encore davantage aujourd'hui ...

Et il faudra nécessairement apprécier la qualité d'une formation qui n'a pas encore eu lieu...

2) Il faut aussi rappeler que l'article R6316-1 du code du travail ne permet pas de se fonder sur des critères autres que ceux qui sont énumérés dans le texte. Cela semble évident dit comme cela mais manifestement cela ne l'est pas pour tout le monde...

Écrit par : bcallens | 14/07/2017

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@Bruno CALLENS

Bonjour,
Pour les OF qui ne disposent pas encore de NDA, l'inscription est possible car les financeurs associés au Datadock ont mis en place une procédure ad hoc. Pour la déclencher, rien de plus simple: il suffit de contacter le service Qualité du financeur qui est sollicité pour prendre en charge cette action de formation.
Cordialement

Écrit par : Gerland | 14/07/2017

(suite)

Par ailleurs, le L6316-1 exige des financeurs de la FormPro qu'ils s'assurent de "la capacité du prestataire de formation [..] à dispenser une formation de qualité". Cette assurance peut être certes moins compliquée à obtenir lorsqu'un OF a déjà un historique à proposer mais elle peut également être bâtie sur la description des dispositions que l'OF a su prendre pour élaborer la première action qu'il aura à dispenser.

Écrit par : Gerland | 14/07/2017

La réforme de 2014 depuis ses prémisses (la discussion sur la "sécurisation des emploi début 2013 qui a cru bon torpiller le DIF) jusqu'à son dernier souffle (ce ridicule "datadock" improvisé sur un coin de table) est l'exemple même de la bouillie pour chats, quelques vagues idées (idéaux) écrits sur un Post It et des commissions incompétentes chargées de faire la tambouille.

Je me suis amusé à faire le point sur les listes (rapport du CNEFOP) des 10 formations les plus "demandées" via le CPF.
Pour les salariés du privé :
1- Bulats
2- Toeic
3- TOSA
4- VAE
5 -PCIE
6 -CACES
7-SST
8-CACES
9- Cléa
10-SPI

Cela signifie quoi en matière de CPF pour les salariés (sauf à leur dire que le CPF nétait fait que pour les chômeurs et qu'ils ont perdu au passage leur droit à la formation)

A) la plupart des formations sont courtes (on imagine guère 150 heures d'anglais ou d'Excel en entreprises)
B) la plupart des premières certifications étaient déjà les plus utilisées avec le DIF (sauf peut être la VAE mais il s'agit sans doute de pure opportunisme financier d'entreprises)
C) de nombreuses formations obligatoires relevant de la sécurité sont payées désormais par le CPF (ça tombe bien de nombreuses entreprises ont réduit à zéro ou presque leurs financements internes)
D) Cléa n'arrive qu'à la 9 ème position (1 ère chez Pole emploi) alors que près de 2 millions de travailleurs sont illettrés)

Bref la réforme de 2014 c'est la fin de la formation continue dans de nombreuses entreprises et le gouvernement ferait bien d'y réfléchir à 2 fois avant de recycler ce phantasme paritaire (en lui versant désormais la totalité du 1%)

Écrit par : cozin | 14/07/2017

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Reçu de la part d'un OPCA ce message dans une lettre de prise en charge (parvenu avec des mois de retard après la formation) : la présente PEC est accordée sous condition suspensive que vous répondiez au décret qualité.....au moment du paiement des heures de formation.
Cela signifie donc que ce n'est pas la date de réalisation de la formation qui importe pour la mise en oeuvre du décret qualité mais sa date de paiement (même si celui-ci intervient avec plusieurs mois de retard).
On voudrait continuer l'oeuvre de destruction méthodique des organismes de formation privés en France on ne s'y prendrait pas autrement.
Le ministère du travail n'avait pas la possibilité de publier un nouveau décret remettant en cause ce décret "qualité" (comme pour le prélèvement à la source, le compte pénibilité ou autres finasseries socialistes) ?

Dans les prochaines années le pays aura besoin d'importantes forces éducatives (qu'il ne sera pas possible d'importer de l'étranger) mais qui pourra et voudra encore former les millions de salariés devant changer de métiers, ceux qui ne sont pas dans la transformation digitale, ceux qui voient leur entreprise fermer, ceux qui sont illettrés, les chômeurs de longues durée ?

Il n'y aura personne ou presque pour faire le travail (tout comme il n'y aura bientôt plus de médecins généralistes) cela va devenir une évidence mais trop tard/
Les OF publics sont à la ramasse, paralysées et désargentés, les OF privés sont désorganisés par la réforme. On n'a pas fini d'entendre parler des improvisations de Michel Sapin et de son pote de régiment.

Écrit par : cozin | 21/07/2017

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