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04/06/2017

Il est encore long le chemin

 Mardi 30 mai se tenait un Amphi débat organisé par l'UODC (Université Ouverte Des Compétences), sur le thème : "Formation Professionnelle, que faut-il changer ?". En tribune, Anousheh Karvar, responsable du Pôle Social chez En Marche, et Sandra Enlart, DG d'Entreprise et Personnel. Du monde dans la salle pour avoir quelques informations sur les projets du nouveau prince et de ses équipes. Si l'on se fie à ce que l'on a entendu de la représentante d'En Marché, et pour résumer en quelques mots, l'idéologie tient lieu de diagnostic et sa déclinaison reste à construire.

Sur l'idéologie, elle se résume à deux idées, qui en réalité n'en font qu'une : l'individu doit se voir reconnaître plus d'autonomie et l'intermédiation doit s'effacer, n'ayant pas fait la preuve de son efficacité. Pour aider les individus dans leur capacité de décision et de choix, on s'en remettra à la labellisation du marché. Autrement dit : place au consommateur et au marché.

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Si le souci de favoriser la décision du bénéficiaire et de réduire le champ de la prescription est louable, si l'on peut utilement remettre en cause l'intangibilité du "qui paie décide", peut-on délégitimer la décision publique ou paritaire dans le champ de l'emploi et de la formation ? Et surtout, comment mettre en œuvre ce principe dans un contexte de ressources financières insuffisantes ? Prenons un exemple simple : si l'individu doit pouvoir utiliser son CPF pour la formation de son choix et que l'on l'OPCA doit se contenter de payer, comment réguler le fait qu'il y a plus de demandes que d'argent (question identique pour le CIF) ? En finançant les premiers arrivés et en fermant la boutique pour les suivants jusqu'à l'année prochaine ? En créant un régime déficitaire qui paie des droits indépendamment de ses ressources (comme l'assurance maladie ou l'assurance chômage) ? Il faut bien dire qu'aucune réponse, ni même un début de réflexion sur le sujet, ne fût apporté.

Et quand Jean-Marie Luttringer a demandé sur quelles bases rationnelles se faisait le procès de l'intermédiation financière (OPCA) ou d'accompagnement (prestataires du CEP notamment) l'absence d'arguments en réponse démontra le postulat idéologique de principe.

 Il va falloir travailler autrement le sujet pour que la énième réforme de la formation puisse d'une part trouver un véritable sens et d'autre part avoir une chance de permettre au système de gagner en efficacité. Alors que l'on nous annonce par ailleurs que le pragmatisme, l'initiative et l'expérimentation seront les maîtres mots, on a le sentiment qu'en matière de formation on a  beau être En Marche, le chemin est encore long.

 

Commentaires

Deux points me semblent devoir être discutés:

1- le financement et l'intermédiation. Ceux-ci ne posent problème que parce qu'on a décidé de mettre pour le CPF moins de 5 % du financement nécessaire à la formation universelle et généralisée qu'il devait autoriser (tout comme le DIF autrefois).

Si le salarié et l'employeur (dès le premier salarié) payaient directement l'intégralité du CPF il n'y aurait plus guère de problèmes de financement ou de détournement :

- pas plus d'escroquerie qu'avec les chèques restaurant car si chacun paie personne n'est plus tenté de détourner le système à son profit
- plus de bureaucratique en forme d'usines à gaz
- un choix réfléchi et intéressé pour le salarié qui perdrait sa cotisation CPF s'il ne l'utilisait pas dans l'année civile

On ne doit plus considérer la formation tout au long de la vie comme le prolongement d'une école gratuite. Les salariés peuvent et doivent payer (sans y ajouter cette stupide TVA de 20%) et les dépenses peuvent ensuite être déduites des impôts (ou bénéficier d'un crédit d'impôt)

2- le CPE : ce conseil est un fantasme (sauf peut être pour les chômeurs, et encore) Depuis 40 ans les CIO ne servent à rien (alors que le système éducatif est bien plus simple que le système professionnel) et il n'y a aucune raison pour que le Conseil en Evolution Professionnelle soit autre chose qu'un dispositif bureaucratique et inutile au monde du travail.

Le seul conseil utile est celui du management et de l'employeur (ce qui est d'ailleurs réclamé dans les entretiens professionnels). Seuls eux connaissent le travail et les besoins en compétences de l'activité.

On voit bien les travers et les impasses de la "réforme" de 2014 : on ne s'adressait qu'aux chômeurs (et il y en a eu 1 million de plus sous Hollande) en abandonnant les salariés à un CPF incapable et non financé (c'est la CGT qui le dit).

Écrit par : cozin | 05/06/2017

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