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08/07/2016

Michel et Judith

L'hommage rendu à Michel Rocard ne manquait pas de paradoxes, parmi lesquels la célébration unanime de l'homme du dialogue, de la méthode pacifiée, de la négociation et du compromis. Sauf que c'est le 1er Ministre qui a le plus, et de très loin, utilisé le 49-3, autrement dit le vote sans débat à l'Assemblée qualifié ces temps ci de brutalité, déni de démocratie ou coup de force. Ainsi donc, le chantre de la recherche du consensus serait également le pape de la violence politique ? voilà qui met à jour la confusion entre les moyens et le sens. L'occasion de rappeler l'histoire de Judith, qui ouvrit ce blog il y a 8 ans. 

Caravage_Judith.jpg

Caravage - Judith et Holopherne

Si vous regardez la scène, vous voyez un meurtre, prémédité de surcroît. Si vous racontez l'histoire, vous constatez que Judith ne met nul plaisir, mais beaucoup de détermination, à accomplir le geste qui sauvera la ville de Bulthé. C'est à l'aune des fins poursuivies que l'on juge les moyens employés. La question est donc moins de passer des heures à se demander si le 49-3 est brutal ou non, que d'examiner le fond du texte pour savoir si le projet lui-même  constitue une brutalité ou non. Et même si le texte cède (un peu trop) souvent au mythe selon lequel le droit est le principal ennemi de l'emploi, il instaure au final des champs de négociation plus larges que ceux qui existent aujourd'hui. Pas très loin des idées autogestionnaires portées par Rocard, qui expliquent largement le soutien de la CFDT au texte. Mais il est de tradition en France de débattre beaucoup des moyens et assez peu des fins. 

Commentaires

Bonjour,

L'utilisation du 49.3 est le plus souvent sans risque.

Une motion de censure a très peu de chance d'être votée. Pour qu'elle le soit il faut que la majorité tire contre son propre camp.

Écrit par : bcallens | 08/07/2016

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A l'occasion de la réforme du code du travail on voit très bien qu'il est possible de toucher au social en France sans demander leur avis aux "partenaires" sociaux (ou juste en les informant), ni même au parlement (en leur mettant la pression : si vous votez contre moi vous vous retrouverez face aux électeurs dans 3 mois).
En matière de formation si le gouvernement en 2014 avait procédé ainsi sans écouter le Medef ni la CFDT et sans prendre l'avis du parlement (juste le consulter) nous n'en serions peut être pas là en 2016 :

- un CPF totalement illusoire et sans financement
- un Plan de formation qui se liquéfie dans beaucoup d'entreprises
- une formation handicapée pour de nombreuses années (un retour en arrière n'est plus possible, la fuite en avant comme avec le permis de conduire sur le CPF ne tiendra pas au delà des présidentielles de 2017)

Tout cela prouve à l'envi que les pouvoirs publics se servent de la formation comme de faire valoir mais qu'elle n'est une priorité que dans les discours.

Je fais le pari que les mêmes erreurs se reproduiront en 2017 ou en 2018 quand les apprentis actuels auront quitté la scène politique.

Écrit par : cozin | 08/07/2016

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C'est même pire que cela...

Je vous invite à jeter un coup d’œil à la Constitution et à son article 34. Vous y verrez que la compétence du Parlement, en matière de droit du travail se limite en principe à la détermination des "principes fondamentaux". Le reste (les "règles") relève du simple décret...(article 37).

http://bit.ly/29vmR1b

Il suffirait que le Gouvernement fasse une liste des dispositions actuelles qui ne devraient pas relever de loi et demande au Conseil Constitutionnel d'en constater le caractère réglementaire.

Écrit par : bcallens | 09/07/2016

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