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21/03/2012

Situation (II)

Dans le cadre d'une hypothétique, et néanmoins certaine, réforme de la formation professionnelle, il sera sans doute question de mieux articuler formation initiale et continue. Cet objectif fait partie des 4 qui ont été assigné à la mission conduite par Gérard Larcher pour préparer la dite réforme. Cette idée nouvelle, qui s'inscrit pourtant noblement dans la filiation de Condorcet souhaitant l'instruction à tous les âges de la vie, risque toutefois de s'enferrer dans une impasse. En réalité, l'objectif à poursuivre serait exactement l'inverse  : renforcer la césure entre la formation initiale et la formation continue. Parce que si elles constituent l'envers et l'endroit d'un même continuum, ce n'est ni avec les mêmes personnes, ni avec les mêmes moyens. Et ce serait un erreur de vouloir que l'envers soit l'endroit, ce qui est souvent impossible, notamment chez Romain Laurent.

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Romain Laurent - Human Clock

La formation initiale s'adresse à des jeunes qui ne sont pas en situation de travail. Elle doit leur apporter de la connaissance certes mais également des méthodes, de la capacité à apprendre, de la réflexion. La formation continue s'adresse à des adultes qui sont en situation d'activité ou ont vocation à l'être. Elle doit prendre appui sur les acquis, s'articuler avec les activités et s'insérer dans des moyens diversifiés d'apprentissage. Que certains adultes souhaitent retrouver le système de formation initiale, bien sur. Mais que l'on s'emploie à construire une formation indifférenciée qui ne tienne plus compte de ceux à qui elle s'adresse et ne se préoccupe que d'elle-même et non des situations dans lesquelles se trouvent ceux au service desquels elle se place, constituerait une régression. Publics différents, temps différents, objectifs différents et méthodes différentes : il est plus urgent de conforter les formations initiale et continue dans leur spécificité que de rechercher leur calamiteux rapprochement.

Commentaires

Bonjour,

Un des grands dangers actuels est de vouloir tout réformer, tout remettre en cause, casser toutes les tables et les chaises...Tout cela pour donner l'illusion d'agir.

Cela est vrai dans tous les domaines...Nous sommes en présence d'une véritable fuite en avant ; une situation où l'on n'hésite plus à engager des réformes bâclées (ou complètement sans intérêt)alors même que la précédente n'ait pu être mise en oeuvre (cela prend du temps !) .

Cela devient extrêmement inquiétant. Pour bloquer le système, rien de tel qu'une réforme !

Écrit par : Bruno Callens | 22/03/2012

Tout à fait, on en est à la réforme de la réforme, remettant en cause une autre réforme... Si bien qu'on en arrive à des stiations grotesques où des nouveaux textes de loi sortent alors que tous les textes d'application (décrets, arrêtés...) de la loi précédente n'ont pas encore été publiés, et que d'inévitables contradictions ou incohérences se font jour. Cela fait peut-être partie d'un vaste plan de déstabilisation, par le pouvoir politique en place, du système de la formation professionnelle tel qu'il est et de ses acteurs (les fameux corps intermédiaires), en vue de reprendre la main de manière exclusive sur lui (le système de la FPC) et surtout sur ses financements, quitte à les affecter à bien d'autres sujets (comme il l'a déjà fait via les ponctions du FPSPP).

Écrit par : Yannick | 22/03/2012

Comme la toupie, le mouvement peut constituer à tourner sans avancer. Par contre je ne sais si les réformes successives résultent d'un machiavélisme qui vise à rendre le système incohérent pour mieux pouvoir se l'approprier ou si c'est tout simplement de l'incompétence. Je vous laisse juge.

Merci à vous deux pour vos contributions


jpw

Écrit par : jpw | 22/03/2012

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