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24/11/2015

En noir et blanc

Une grande entreprise en Province la semaine dernière. Animation de groupes de travail. Le midi, repas rapide au self d'entreprise. Je m'installe au milieu du réfectoire, mes hôtes sont partis régler leurs affaires. Je ne sais pourquoi, un sentiment d'étrangeté me gagne. A ma gauche, une table avec quatre femmes voilées. A ma droite, une table avec cinq hommes. Devant moi une table avec deux africaines aux cheveux très noirs. Derrière elles, trois femmes du cru, la cinquantaine. Un peu sidéré, je détaille du coup les tables suivantes : ici sept hommes, là trois, de nouveau une table avec des africaines, mais celles-ci ont toutes des cheveux marrons avec des mèches, puis une table féminine locale et encore une table avec 3 hommes. Dans tout le réfectoire, je n'arrive qu'à identifier une table où un homme partage son repas avec trois femmes. Au final, sur la trentaine de tables occupées, quasiment aucune mixité de sexe, d'origine, d'âge. 

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Je m'interroge sur la probabilité que le hasard ait ainsi ordonné la salle. Quasi nulle. Il me faut donc en conclure que l'on ne traite ici qu'avec son semblable le plus immédiat et que pour se parler il faut se ressembler. Et je me souviens qu'il fut un temps où, dans les restaurants d'entreprises, la segmentation était sociale : cols blancs d'un côté, cols bleus de l'autre. Ici, elle est culturelle : peu de mélange de générations, pas de mixité, pas de multiculturalisme. Le signe d'une société qui se referme ? 

Commentaires

En Ile de France ce genre de travers professionnel est fréquent. Nous avons travaillé il y a 2 ans dans de grands entrepôts où chaque communauté travaillait avec les siens, les travailleurs de ces communautés ethniques avaient évidemment le plus grand mal à travailler en équipe (c'était l'objectif de notre formation d'ailleurs).

Entre parenthèses et sans vouloir tout rapporter à la formation l'année 2016 s'annonce cataclysmique en formation, les employeurs comme leurs salariés sont dégoutés par le mot même de formation et les quelques efforts réalisés depuis 10 ans En France pour développer la formation sont annihilés par la réforme la plus débile qui ait été mise en oeuvre depuis longtemps.

Écrit par : cozin | 25/11/2015

Bonjour,

C'est assez effectivement inquiétant...(j'aime bien le mot "réfectoire" un peu inusité aujourd'hui au profit de "cantine" sauf peut-être dans les milieux conventuels ; en tout cas cela ravive certains souvenirs scolaires).

@Cozin

Le problème maintenant : Que peut-on faire ?

Écrit par : bcallens | 26/11/2015

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