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08/02/2017

CONFUSION

Comme on pouvait le craindre, la confusion règne. En confiant aux OPCA une mission générale en matière de qualité de la formation, l'Etat s'inscrivait dans le cadre général du développement du champ d'action des OPCA (de la formation à la gestion des compétences, voire des ressources humaines avec les diagnostics RH ; de la gestion du légal à la gestion de fonds conventionnels ou volontaires, etc.). Mais faute d'avoir donné les moyens d'une véritable ambition en ce domaine, et en ayant ramené la qualité à des critères formels établis par décret, on a maintenu les OPCA dans ce qu'ils avaient l'habitude de faire : du contrôle règlementaire. Résultat, les politiques qualité que l'on voit se mettre en place aujourd'hui ont bien du mal à distinguer ce qui relève de la conformité (et du contrôle règlementaire) et ce qui relève de la qualité, autrement dit de l'amélioration des pratiques de formation. C'est un joyeux mélange des deux qui est proposé aux organismes de formation qui en perdent parfois leur latin et peuvent avoir du mal à percevoir où s'arrête la conformité et où débute la qualité. Certaines chartes Qualité sont d'ailleurs essentiellement des reprises des conditions de validité ou d'éligibilité des actions de formation aux financements des OPCA. 

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Le rapport annuel de la Cour des Comptes en date du 8 février, comme le rappelle l'AEF ce jour,  reproduit la même confusion en demandant à ce que la politique qualité soit utilisée pour mieux détecter les fraudes. On ne peut mieux acter la confusion qui s'installe. Dans l'intérêt bien compris de tous, il serait peut être tant de sérier les questions et de considérer que deux chantiers coexistent et que mêler les deux aura pour effet de rendre les objectifs visés plus difficiles à atteindre. D'une part, la question de la lutte contre la fraude qui suppose des moyens particuliers dont certains ne peuvent relever que de la puissance publique. D'autre part les actions conduites pour développer la qualité des formations qui ne passe évidemment pas par des contrôles formels et bureaucratiques mais par la capacité des financeurs à prendre en compte les bonnes pratiques de formation, les investissements nécessaires à la qualité, la mise en place de financements qui ne soient plus rattachés à l'heure de formation mais au coût économique de la formation (avec le développement de capacités d'analyse des modèles économiques en formation), la part de chacun dans la qualité (du client au consommateur en passant par le producteur et le financeur), etc. Mais pour cela il faut des moyens, des compétences, du temps et des relations débarrassées de l'éternelle suspicion pesant sur les organismes de formation (ou sur les OPCA d'ailleurs s'agissant de la Cour des comptes). Et dans les périodes politiques agitées, c'est bien le temps qui manque le plus. 

Commentaires

le dégout de la formation c'est pour maintenant

On aboutit aujourd'hui au retrait progressif de tous les opérateurs de la formation opérationnelle au profit d'un conseil qui resterait simple intermédiaire entre des OF (de plus en plus fantomatiques) et des commanditaires (de moins en moins volontaires)
Jamais des incompétents comme les 4 ministres du travail qui se sont succedés sur cette malheureuse réforme n'auraient dû s'attaquer à la formation avec leur petite idéologie issue du XIX ème siècle industriel.

Nous allons vers des temps difficiles, une éducation nationale désemparée, un apprentissage minimaliste et une formation démantelée pour des années.

Écrit par : cozin | 08/02/2017

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En septembre 2015, notre newsletter s'intitulait "la qualité ne se décrète pas, elle se constate jour après jour".
Prophétie ou connaissance du mode de ( d'in) pensée de nos technocrates ?
Poser la question c'est déjà y répondre (je n'ai pas les talents de Madame Irma ).
Le rapport de la cour des comptes sur les fraudes dans la formation sera-t-il un nouveau barrage d'artillerie annonciateur d'une vaste offensive contra les OF et les OPCA ?
Prophétie ou connaissance*du monde politique et de sa méconnaissance* (répétition volontaire !) de notre beau métier ?
Poser la question...

Écrit par : sylvain | 09/02/2017

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Bonjour,

Je vous trouve bien sévères avec ce décret qualité qui a au moins le mérite (et je dis cela avec beaucoup d'espoir) de poser le premier jalon officiel d'une politique de qualité. Remplir les 21 critères du Datadock permet aux OF qui n'ont pas entamé de démarches qualité de faire leur première introspection sur ce sujet. Je suis d'accord, la qualité ne se décrète pas mais si on veut faire bouger les choses, le portefeuille reste malheureusement la meilleure porte d'entrée. On a jamais autant parlé de qualité que depuis mars 2014, donc gardons l'optimisme et disons que l'élan a été donné et je suis de ceux qui pensent que même un mauvais élan permet de sauter loin.

Écrit par : Ismaël | 20/02/2017

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bonjour Ismael,

J'ai plutôt tendance à penser qu'un mauvais élan c'est le plus court chemin vers un mauvais saut ou une cheville tordue. L'optimisme est une volonté certes, mais il ne doit pas être l'excuse de l'absence d'exigence.

jpw

Écrit par : jpw | 21/02/2017

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Merci pour cet article PJW :)

Écrit par : isabelle | 16/03/2017

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